Interview du 07 Mars 2009
K-Pitch : Béatrice CIVATON, bonjour ! Alors, qui est Béatrice CIVATON ? On connaît tes sons mais pas forcément ton visage...
Béatrice CIVATON : Bonjour ! Et bien je suis une artiste qui aime ce qu'elle fait et qui n'aime pas forcément s'exposer en public...
KP : Pourtant l'exposition est nécessaire pour pouvoir assurer sa promotion...
BC : Je n'en doute pas... Je ferai en sorte de mettre en pratique tes conseils K-Pitch... Toutefois, je reste persuadée qu'une simple promotion visuelle est suffisante (clips, photos, sites, prestations...). Pas la peine d'aller sillonner toutes les boîtes franciliennes ou squatter des maisons de prods pour te faire voir ou te faire connaître...
KP : Le message est clair (sourire). Mine de rien, ça fait quand même 10 ans que tu fais de la musique et lorsqu'on t'entend sur les ondes, tu nous reviens avec un son qui marque quand même les esprits. Je me rappelle d' « Alfabet a Lanmou », je kiffais ce son, ensuite y en a eu d'autres comme « Mi-ange, mi-démon » puis récemment Le « Kompa Bordel ». Tu chantes anglais, tu rappes... Autant de diversité pour une seule artiste et je dirai, peu de reconnaissance...
BC : Non, pas forcément peu de reconnaissance... Les personnes qui aiment mes sons me le font savoir. Je pense qu'un artiste doit être éclectique et doit toucher à tout pour se performer. Et cette performance peut te faire aller dans d'autres directions telle que la comédie, la publicité, la photographie. L'art ne se cloisonne pas qu'à la musique et à fortiori qu'au Zouk... Dans le « Kompa Bordel », je ne chante pas anglais, j'explore cette langue. L'anglais est bien plus direct par rapport à la langue française qui est plus subtile. Puis, je ne rappe pas, je m'exprime et je m'éclate (sourire). Pour revenir au « peu de reconnaissance », ce qu'il faut ajouter, c'est que les sons n'ont pas eu la promotion qu'il fallait. Ca coûte de passer à la radio (sourire). Tout se monnaye ! (rire) Les seuls sons qui ont pris tout seul, ce sont « Alfabet a Lanmou » et le « Kompa Bordel ». Les gens y croyaient... Lorsque tu n'es pas formaté à ce qui se fait, tu as du mal à t'imposer... Et les prods ont tendance à croire que les auditeurs, amateurs de zouk, sont eux aussi formatés, qu'ils ne sont pas ouverts à d'autre genre...
KP : Tu me parles de pub et de comédie...Effectivement, l'année dernière tu as participé au projet de campagne de prévention contre le sida « N'y pense même pas ».
BC : Oui, j'ai eu la chance de participer à ce concept en faisant le sketch radiophonique avec mon pote Damogueez. Et j'ai prêté ma voix pour la pub télé. C'est un sujet qui me tient à c½ur. On a tendance à banaliser cette maladie. Le Sida existe toujours et il faut se préserver, « sortir » couvert.
KP : tu nous reviens avec un son en exclusivité et un album pour le courant 2009.
BC : Oui...
KP : Quelles sont les personnes qui participent au projet ?
BC : Des personnes que j'affectionne artistiquement et qui ont souhaité rentrer dans mon univers... Et ce n'est pas évident (sourire)... Je suis quelqu'un de très exigent et qui n'est jamais satisfaite... J'aime qu'un compositeur me surprenne avec ses sonorités... Il faut qu'il me touche. J'ai donc fait appel à des personnes qui m'ont marqué lorsque j'ai entendu leurs ½uvres telle que Jeck de Zouklook. D'ailleurs, le son en exclusivité « Touch me » est le sien. Les autres personnes qui participent au projet sont autant prestigieuses que lui, même si leurs noms ne parlent pas, peu, moins ou autant... Je n'ai pas forcément recherché des personnes avec un « nom » et encore moins des personnes qui demandent des 1000 et des 100 pour te faire une compo. Un compositeur qui sort de nulle part peut te faire un tube...
KP : En tout cas, j'ai écouté le son, et c'est une tuerie !
BC : Je souhaite que les auditeurs puissent penser la même chose que toi ! (sourire)
KP : Quels sont les artistes dans le zouk que tu aimes en ce moment ?
BC : (rire) Euh... Je respecte les personnes qui ont fait que le zouk a pu nous apporter quelque chose de positif artistiquement, je ne vais pas tous les citer ; y en a qui sont toujours là, et d'autres qui ne sont plus avec nous.
J'aime la performance de Kénédy (en live waw !), le parcours de Fanny, la ténacité de Warren... Mais je ne suis pas très objective... J'n'écoute pas tout le temps de zouk... (sourire)
KP : Une chose est sûre, tu n'as pas ta langue dans ta poche (rire)
BC : ... Et ça dérange... (sourire)
KP : Une dernière chose à ajouter ?
BC : Yup ! Merci à tous ceux qui croient en moi et avec lesquels je collabore. Les gens qui m'encouragent dans mon projet. Ceux qui ont lancé le bateau en route (ils se reconnaîtront)...
KP : Point-Barre !
BC : Yes I. (sourire)